Pas cette nuit

Ça fait moins mal sur le dos.
Mais alors je le vois, donc je préfère quand ça fait un peu mal.
Je sens d’abord sa respiration changer derrière moi. Parce qu’il commence tout seul, il dit que je lui fais pas beaucoup d’effet de toutes façons. Au début il essayait de me caresser, plus pour se donner bonne conscience que pour me donner un peu de plaisir, avant il me disait que j’avais la peau douce. C’est vrai qu’elle était douce, ma peau. Maintenant un peu moins.
Tant mieux.
Il met sa tête dans mon cou et je sens sa sueur et l’alcool qui transpire de tous les pores de sa peau. La première fois j’ai vomi. La deuxième fois j’ai essayé de retenir ma respiration, avec un peu de chance je serais morte sous lui, mais ça n’a pas marché, ça a juste été pire quand j’ai tenté de reprendre mon souffle.
Il pose toujours sa main droite sur mon sein droit, un petit sein blanc qui ressemble à un ventre blanc de petit oiseau. Un tout petit oiseau. Il respire de plus en plus fort et de plus en plus vite, quelque fois j’ai de la chance et il m’éjacule dans le dos, d’autres fois il est trop saoul alors il débande aussi sec et il se rendort, s’il ne se fâche pas.
Mais souvent il m’attrape par les cheveux et je dois… vous savez.
J’aime bien ça. Du moins j’aimerais bien ça si ça sentait moins mauvais et si il n’y avait pas autant de poils. Ce que je préfère c’est l’avaler en entier jusque dans le fond de la gorge, au début ça donne un peu envie de vomir, mais on s’habitue, j’aime bien aussi rouler ma langue autour et sentir que ça lui fait du bien. Pas parce que j’aime lui faire du bien, mais juste parce que je suis enfin bonne à quelque chose. Alors je m’applique, je mets beaucoup de salive, je sens son sperme qui navigue à l’intérieur, et des gouttes salées sur ma langue. Il gémit de plus en plus, il grogne, il se cambre, j’accélère le rythme, j’ajoute une main, et de l’autre je caresse ses couilles qui prient pour l’éjaculation, le va-et-vient s’accentue, je sens qu’il va jouir alors j’aspire en continuant le mouvement avec la main et j’avale tout. On pourrait presque dire goulûment. Jusqu’à la dernière goutte.

Celui-là tu ne me le mettras pas dans le ventre. Je ne sentirai pas ton pieu m’arracher l’intérieur, tes mains me labourer les seins, ta sueur piquante ne me brûlera pas les yeux, je ne serais pas étourdie par ton haleine, je ne pleurerai pas ce soir.
Tu ne t’endormiras pas sur moi cette nuit, papa.

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